« Nos enfants riches et brillants : Donner un bon départ financier à vos enfants » est un ouvrage de Robert Kiyosaki et Sharon L. Lechter, dédié « à tous les parents et enseignants du monde entier », car ils occupent selon les auteurs le rôle le plus important sur terre : celui de guider les enfants, notre avenir.
Contexte de l’éducation dans l’ère de l’information
L’ouvrage souligne que l’instruction est plus cruciale que jamais alors que nous sommes passés de l’ère industrielle à l’ère de l’information. Autrefois, l’éducation reçue à l’école suffisait souvent pour toute une vie. Aujourd’hui, les règles ont changé : les informations doublent tous les 18 mois, selon la loi de Moore, la théorie déterminante de cette nouvelle ère. Pour rester à jour, il faut presque tout réapprendre régulièrement.
À l’ère de l’information, les connaissances acquises deviennent rapidement obsolètes. La capacité d’apprendre vite, de s’adapter et de se réinventer est désormais plus importante que la quantité de savoir accumulé.
Les grands changements évoqués dans le livre sont les suivants :
- La sécurité de l’emploi, jadis essentielle, n’existe presque plus.
- La retraite, autrefois responsabilité de l’employeur, est désormais celle de l’employé.
- La valeur de l’individu, qui augmentait avec l’âge à l’ère industrielle, diminue à mesure que les compétences deviennent obsolètes.
- Les carrières, de plus en plus tournées vers l’indépendance. Les athlètes, musiciens et acteurs gagnent aujourd’hui davantage, tandis que certaines professions autrefois prestigieuses, comme médecin ou avocat, voient leurs revenus baisser.
Les auteurs s’interrogent sur la pertinence du système éducatif actuel face à ces mutations. Ils mettent en lumière la précarité croissante de millions de personnes âgées, dont une majorité dépend de l’aide publique ou familiale. Le livre alerte : les enfants d’aujourd’hui risquent de se retrouver dans la même situation s’ils ne sont pas préparés différemment.
Structure et approche pédagogique
Le livre s’adresse aux parents conscients de ces changements et désireux de jouer un rôle actif dans l’éducation de leurs enfants. Il est divisé en trois parties.
Première partie : Vue d’ensemble de l’éducation classique et financière
L’auteur y relate son éducation auprès de deux figures : son « Père instruit », éducateur brillant et directeur du système scolaire, et son « Père riche », entrepreneur autodidacte. Entre neuf et douze ans, le Père riche lui a appris à penser comme une personne riche, lui donnant la conviction qu’il deviendrait prospère indépendamment de ses résultats scolaires.
Deuxième partie : Actions concrètes sur les plans scolaire et financier
Cette partie présente des démarches simples pour préparer les enfants au monde réel. L’auteur insiste sur l’importance des états financiers : un banquier ne demande pas les notes scolaires, mais les bilans pour évaluer l’intelligence financière.
Le système éducatif enseigne à lire, écrire et compter, mais ignore la formation financière, pourtant essentielle pour transformer un revenu professionnel en richesse durable. Les auteurs illustrent comment inculquer cette culture dès l’enfance pour donner un véritable avantage économique.
Troisième partie : Percées technologiques et talents innés
La dernière section aborde les nouvelles technologies éducatives et les outils permettant de révéler les aptitudes naturelles de chaque enfant.
Le génie et les multiples intelligences
Le livre défend l’idée que tous les enfants naissent riches et intelligents, mais apprennent parfois à se croire pauvres ou incapables. Le mot « éducation », issu du latin educare, signifie « extraire » : faire émerger ce que l’enfant possède déjà.
Le Père instruit enseignait que l’intelligence est la capacité à percevoir les nuances. Plus on distingue les différences, plus on devient intelligent.
S’appuyant sur la théorie des intelligences multiples de Howard Gardner, le livre distingue sept formes d’intelligence :
- Verbale et linguistique, mesurée par le QI scolaire.
- Numérique, liée à la logique et aux chiffres.
- Spatiale, propre aux artistes et designers.
- Physique, celle de ceux qui apprennent par l’action.
- Intrapersonnelle (émotionnelle), qui permet de se comprendre et de gérer ses émotions.
- Interpersonnelle, l’aptitude à bien communiquer et influencer.
- Environnementale, l’harmonie naturelle avec la terre, les animaux ou les éléments.
Le QI traditionnel ne mesure que la première forme, laissant de côté les autres. Pourtant, une étude de l’Institut Carnegie montre que seulement 15 % de la réussite dépend des compétences techniques, tandis que 85 % proviennent des aptitudes sociales, émotionnelles et relationnelles.
L’intelligence financière
Pour le Père riche, le QI financier ne se mesure ni au salaire ni aux possessions, mais à la capacité de faire travailler son argent pour soi. L’intelligence financière grandit quand l’argent procure plus de liberté, de santé et de choix de vie. Gagner davantage tout en perdant sa liberté n’a rien d’intelligent.
Il insistait sur la valeur du temps libre et de la liberté personnelle : voir grandir ses enfants valait plus que n’importe quel gain. L’argent ne rend pas heureux si l’on ne l’est pas déjà en chemin.
Le rôle des parents
Le Père instruit affirmait que les parents sont les enseignants les plus importants de leurs enfants. Leur mission est de nourrir la curiosité, d’encourager les talents naturels et de protéger les enfants d’un système qui valorise une seule forme d’intelligence. L’amour d’apprendre doit rester vivant, même chez ceux qui n’aiment pas l’école.
Il rappelait la fable de la tortue et du lièvre : certains apprennent vite, d’autres lentement, mais le plus important est de ne jamais cesser d’apprendre. Beaucoup de « lièvres » cessent leurs efforts une fois diplômés, et leur intelligence décline avec le temps. La clé du succès réside dans la constance et le désir d’apprendre tout au long de la vie.









